Bienvenue sur AGENDALYON, le site qui répertorie les évènements militants de Lyon et l'agglomération lyonnaise. Cet agenda est original puisqu'il est mutualisé : c'est chaque collectif qui inscrit les évènements. Et voici la nouvelle version ! Plus fonctionnelle, plus sûre et désormais les collectifs ont la possibilité d'indiquer les évènements "en projet", non encore complètement finalisés, pour éviter les chevauchements. Si ce n'est pas encore fait, les collectifs doivent changer leur mot de passe. Avec AGENDALYON vous n'aurez plus d'excuses.
Et comme ça on va pouvoir se croiser sur le terrain... ou dans la rue !
91, rue Montesquieu
Lyon 7e
(métro Saxe)
Jeudi 22 Décembre à partir de 20h :
Le Jeudi du Doc : " La Vida Loca " de Christian Poveda,
Mexique/France/Espagne, 2008, 1h30
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En Amérique centrale, on les appelle les Maras. Construits sur le modèle des gangs de Los Angeles, ces groupes de jeunes sèment la terreur, entre autres à El Salvador.
« La Vida Loca » c'est la vraie vie, là bas. Des mômes nous toisent, nous en veulent et ne nous aiment pas. Un documentaire sur la solitude humaine absolue, sur la haine de ceux à qui on a tout pris et rien rendu. La haine
de ceux qui n'ont jamais rien eu. La haine de l'exploitation, de la soumission et de l'humiliation quotidienne. Il ne s'agit pas d'un « choc de génération » , mais d'un affrontement « anthropologique ».
Pourtant l'écho que trouve ces gangs et la fascination qu'ils exercent ne repose que sur le désespoir visible de pays asservis eux-mêmes à une mondialisation outrancière. De toutes évidences, El Salvador est devenu un exemple universel, à travers le phénomène des gangs qui ravagent le pays, de ce que les états peuvent entretenir de plus tragique dans les rapports Nord/Sud.
Les gangs du Salvador, c’est d’abord une imagerie, un précis d’histoire contemporaine, une image du local rebricolée dans un monde devenu global. Souvenir de la bande, mythe fondateur du crime organisé.
Enfants des Bloods and Crisps les gangs rendus célèbres par Colors de Dennis Hopper, ces bandes sont nées dans le ghetto latino de L.A. Devenues ennemis héréditaires, elles se livrent une guerre suburbaine totale. Dans les rues de Los Angeles d’abord, puis dans de nombreuses
villes nord-américaines, dans les prisons qui accueillent des centaines, puis des milliers de détenus membres de ces gangs.
Condamnés souvent à de longues peines, voire à perpétuité, pour homicides, vols avec violence, trafic de drogue et port d’armes, les gangs qui « tenaient » les ghettos prirent la possession et le pouvoir dans les
prisons. Originaires de toute l’Amérique centrale, des adolescents déboussolés, immigrés économiques et politiques, et particulièrement les centaines de milliers d’enfants de Salvadoriens fuyant la guerre civile, devinrent, en une dizaine d’années, des organisations criminelles structurées, hiérarchiques, donnant la mort à leurs ennemis, « intérieurs » comme « extérieurs ».
Ces gangs ont été surnommés Maras en référence aux Marabuntas, ces fourmis carnivores d’Amérique Centrale qui détruisent toute vie sur leur parcours. Ainsi naquit la Mara Salvatrucha (littéralement « fourmi salvadorienne »). On nomme encore ce gang MS 13, car il était installé le
long de la Thirtheenth Street de South Central, à LA. Cette organisation fut talonnée par une autre Mara, la redoutable M18, en référence à la Eigtheenth street, où elle sévissait.
Les Maras nationales du sud des USA sont déclinées en pandillas (bandes) au niveau régional, et en cliquas (cliques), sorte d’unités de base de quartiers, voire de rues. Les membres, tatoués de la tête aux pieds, sont
appelés pandilleros ou homeboys. Le tatouage sert de reconnaissance, mais il marque encore l’exclusion volontaire de ses membres de l’espace social : comment trouver du travail quand on a le signe 13 ou 18 tatoué sur le front, sur les pommettes ornées de larmes, figurant le nombre des ennemis abattus ?
Ecrivant un nouveau chapitre de la guerre des gangs de Los Angeles, l’histoire aurait pu rester concentrée dans les Etats américains. Mais c’était sans compter avec la politique de Washington...
En 1996, le gouvernement américain édicte simultanément l’Illegal Immigration Reform et l’Immigrant Responsability Act, autrement dit l’adoption d’une féroce législation de « double peine » permettant aux autorités de renvoyer illico en Amérique centrale plus de 100.000 membres des gangs détenus aux Etats-Unis. Conséquence affolante : cet afflux délinquant gangrène l’ordre, la paix sociale et l’économie des nations
d’origine, Panama, Honduras, Salvador, Guatemala, Costa-Rica, et Nicaragua… Ce transfert des gangs déclenche des paranoïas sécuritaires dans les États locaux.
En une décennie, les USA réussissent là où ils avaient échoué auparavant, en maintenant au pouvoir les dictateurs locaux, en finançant guerres civiles et coups d’Etat !
Un théâtre social :
La geste des maras, c’est encore l’histoire des villes-mégalopoles, ces banlieues-monde, ces megacities, invraisemblables bricolages de villes et de campagnes, illustration parfaite du Pire des mondes possibles, dernier
bestseller du philosophe franc-tireur, l’urbaniste Mike Davies.
Ainsi ces banlieues de San Salvador sont comparables à un clone de bidonville et de programmes sociaux en bordure du « grand rien » qui sépare la capitale de sa chaîne de volcans. Un no man’s land, topographie
idéale d’une violence caractérisée.
Nous sommes à l’extrémité du quartier de Soyapango. Deux ruelles en précipices, la Campanera et San Ramon, forment un cul-de-sac, terminus des bus au creux d’un canyon. Un cul-de-sac de l’espérance pour des habitants pris au piège de la survie.
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