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COMITÉ TCHÉTCHÈNIE DE LYON : de nouvelles informations chaque semaine
Extrait de la lettre de Svetlana Gannushkina, de Memorial, au président Medvedev le 12 janvier 2010.
Avec grand regret je suis obligé de dire que vos déclarations établissant les lignes stratégiques dans le domaine de l’anti-terrorisme, me donnent beaucoup d’inquiétude.
Le 27 juin 2009, lors d’un discours à une session du Conseil de Sécurité, vous avez exigé des militaires et des forces de police « de ne pas prendre de gants avec les bandits » et vous leur avez demandé qu’on vous rende compte du nombre de combattants exterminés dans le Nord du Caucase ces derniers temps.
A ce moment-là il nous avait semblé que ces paroles avaient été proférées dans un moment de colère qui suivait la tentative d’assassinat du président de l’Ingouchie, Yunusbek Evkurov, nom auquel étaient associés les espoirs du peuple de l’Ingouchie, coincé entre deux sources de violence, entre les autorités et les mouvements clandestins, pour échapper à l’impasse dans laquelle ils se trouvaient eux-mêmes.
La nature dramatique de l’instant n’était pas propice à l’amorce d’une discussion avec vous sur les méthodes pour combattre le terrorisme.
On aurait pu s’attendre par la suite à que vous donniez des instructions plus précises et plus claires et des lignes de conduite se situant uniquement dans le cadre de la loi.
Mais en cette nouvelle année, le 8 janvier 2010, lors d’une rencontre avec le directeur du FSB, Alexandre Bortnikov, de nouveau vous avez donné les mêmes instructions : « en ce qui concerne les bandits, notre politique reste la même. Ils doivent simplement être exterminés, et cela doit être fait
sans pitié, et cela doit être fait systématiquement, en d’autres termes avec régularité, parce que, malheureusement, les mouvements bandits clandestins existent toujours. Il est nécessaire d’agir méthodiquement « sur toute l’étendue du terrain » et si quelque part il en reste une trace il est nécessaire de les traquer et de les détruire. »
Ces dernières années, nombreux sont ceux qui ont appris à exterminer les gens « avec constance, avec acharnement, systématiquement et avec méthode ». Cependant, ce n’est un secret pour personne que tenir une comptabilité tout en
menant ce type d’activité est une tâche facile et nos valeureuses forces de police ont une immense expérience dans ce domaine. Ils ont l’habitude, de ne pas prendre de gants et pas seulement avec les bandits et les citoyens respectables mais avec la loi elle-même.
S’il faut des corps pour les statistiques il y aura des corps, ça ne les arrêtera pas. La question maintenant est de savoir si en conséquence la taille des groupes clandestins armés va diminuer ou non.
Est-il possible que les nouvelles victimes de falsifications de ce type n’encouragent l’entrée dans la résistance de nouvelles recrues?
Les citoyens se tournent de moins en moins vers les défenseurs des droits de l’homme et vers les forces de police.
Ni ces premiers et ni ces derniers ne peuvent les aider et par conséquent les gens ne croient plus que le recours à la loi puisse résoudre leurs problèmes.
C’est la conséquence de la politique d’extermination sans appliquer la loi selon les procédures prévues.
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